Fallait y penser: comme on manque de surveillants pour regarder ce qui se passe sur les quelques 4,2 millions de caméras du Royaume-Uni, un nouveau programme de participation citoyenne à la surveillance généralisée a été mis sur pied. Intitulé Internet Eyes, il consiste à donner accès aux caméras, en direct, à tous les citoyens qui désirent fournir un quart de travail gratuit aux autorités surveillantes. Des points seront accumulés pour chaque crime identifié, chaque criminel vu en train de commettre son méfait… et à chaque mois des prix seront distribués à ceux dont les yeux de lynx leur auront permis de rapporter un maximum de leurs concitoyens à la police (jusqu’à 1000 £).
Évidemment, il est à prévoir que les déviances les plus souvent rapportées par les policiers amateurs seront les plus minables… qui sont tout simplement plus fréquentes. Cela dit, comme tous les programmes de prévention qui demandent laparticipation du citoyen, il est à prévoir que celui-ci ne fonctionnera pas et ne récoltera jamais le support d’un nombre suffisant de surveillants.
Classé dans :Surveillance, vidéosurveillance , Internet Eyes, Surveillance, UK
Selon le Detective Chief Inspector Mick Neville, ce sont les autres maillons de la chaîne de surveillance qui font défaut: Formation insuffisante, mauvais usage, négligence des enquêteurs, etc.
Cette opinion est largement répandue mais continue d’être ignorée, alors que plusieurs organisations policières, mais surtout les politiciens, continuent de voir la multiplication de caméras comme la solution à tous les problèmes de criminalité. Cette année, à court de budget, le Home Office avait commencé à augmenter la pression sur les magasins et autres entreprises commerciales pour qu’ils installent des caméras privées, à leurs frais, pour le bénéfice de la police… qui ne sait pas quoi en faire. Le monde de la vidéosurveillance londonien est bien étrange.
Il serait erroné de rejeter tout usage de la télésurveillance dans l’espace public. Seulement, entre l’usage rationnel, ciblé, et la couverture totale recherchée par le Home Office, il y a un monde. L’erreur est de croire que si un dispositif de surveillance fonctionne en un endroit, en installer en un deuxième fonctionnera deux fois mieux, en un troisième trois fois mieux et ainsi de suite. Donc, à 3 millions de caméras, on devrait au RU avoir un taux de criminalité ridiculement bas… ce qui n’est pas le cas (R-U: 8600cr/100000ha; CA: 6700cr/100000ha).
Classé dans :Canada, Surveillance, vidéosurveillance , Surveillance, Canada, cctv, cameras, UK, Home Office, Metropolitan Police Service