Crime, régulation et surveillance

Sécurité, surveillance et organisation sociale

Aéroports : à quand les déplacements à nu?

Suite à l’attaque ratée du vol Amsterdam-Detroit du 25 décembre (vol Northwest-Delta 253), tous les aéroports canadiens infligent de nouvelles procédures de sécurité aux passagers:

C’est ce qu’on appelle de la sécurité «réactive»: on répond à un scénario de menace malgré son infinitésimale, voire nulle probabilité de répétition. Le risque qu’un passager canadien fasse partie du même complot que le Nigérien emballé dans l’explosif et se lance dans la phase 2 de l’attaque est pourtant, à toutes fins pratiques et intelligentes, parfaitement nul.

Le problème de la sécurité réactive est qu’elle ne peut que répondre au passé et jamais au futur …et à des coûts économiques, pratiques et humains qui sont exorbitants. Au pire, elle peut augmenter le risque total associé à nos activités, parce qu’elle draine des ressources qui devraient être mieux utilisées, ailleurs.

L’autre difficulté est liée au foisonnement des scénarios, qui s’additionnent et peuvent donner lieu à une forme de sur-sécurisation: la bombe collée au corps, la bombe dans le corps (voir entrée précédente)… si on pousse la logique à l’extrême, il faudra déshabiller et radiographier chaque passager avant l’embarquement.

Bien sûr, on ne pousse jamais cette logique à l’extrême. Pas parce qu’on se rend compte de l’absurdité de la proposition, mais bien parce qu’en fait la cible de la sécurité réactive n’est pas les terroristes mais bien le public: elle sert non pas à protéger objectivement contre des risques réels, mais bien à rassurer contre des risques imaginaires.

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Terrorisme, Obama, Harper et l’Afghanistan

Que fait-on en Afghanistan? Selon Messieurs Obama et Harper, nous y combattons le terrorisme. Pourquoi en Afghanistan? Parce que le terrorisme qui s’y prépare nous menace directement. Toutes ces affirmations reposent pourtant sur des bases erronées.

  1. Les troupes canadiennes et autres, en Afghanistan, ne combattent pas des terroristes, al Qaïda ou autres. Elles combattent 10′000 troupes irrégulières appartenant au groupe éclaté auquel nous nous référons sous le vocable de «Talibans». Or, bien qu’ayant été alliés et complices de la haute direction d’al Qaïda à un moment spécifique de son histoire (de 1996, capture de Kaboul, à 2001, dégommée imposée par la coalition), il est fantaisiste de prétendre combattre al Qaïda en s’attaquant à leurs alliés d’autrefois.
  2. Le Taliban menace-t-il l’Occident? Pour le croire, il faut accepter un scénario entièrement hypothétique, qui voudrait que leur éventuel retour au pouvoir entraînerait nécessairement une répétition de l’histoire et le retour de bases terroristes internationales comme à la fin des années 1990.
  3. Il y a bien sûr des actes terroristes en Afghanistan… mais ce ne sont pas des actes de terrorisme international. Ils résultent plutôt de tensions internes à un pays qui est extrêmement mal compris par les occidentaux (moi le premier). Une chose est certaine: alors que la masse des Afghans observent l’Occident dans sa mission de protection d’un régime corrompu, illégitime et totalement inefficace, ils ne peuvent que conclure que le choix de la faction du jour est dû au jeu de la force et des intérêts immédiats.
  4. Depuis 2001 les actes de terrorisme international sont en chute libre et ne représentent plus qu’une infime partie de la catégorie terrorisme. Presque tous ceux qui se réclament d’al Qaïda n’ont aucun lien avec l’ancienne organisation et sont des individus qui ont des griefs locaux. Ils ne sont pas basés en Afghanistan, la plupart ne savent pas où se trouve le pays sur une carte.
  5. Ce qui reste d’al Qaïda a depuis longtemps plié bagage et élu nouveau domicile. Le Pakistan, avec son gouvernement ultra faible, s’est révélé un havre de choix. La Somalie, où aucun gouvernement n’existe, est encore meilleure.
  6. Le terrorisme n’est pas une cible militaire, c’est un problème policier. Aucune force militaire ne viendra jamais à bout de petits groupes éparpillés, paysans un jour et terroristes le suivant, sans organisation détectable et vivant dans un pays où les armes et les explosifs abondent (à Kaboul on achète un lanceur de grenades pour 10$). C’est rigoureusement impossible et il n’existe aucun exemple historique où une telle stratégie a fonctionné.
  7. Dans la mesure où les troupes canadiennes se frottent à un ennemi coriace et accusent des pertes extrêmement lourdes, c’est non pas qu’elles ont pour opposant un groupe terroriste puissant, mais bien qu’elles ont été engagées dans une guerre civile pour des raisons qui sont entièrement isolées de la réalité qui a causé cette guerre au départ (et qui ont à voir avec la politique interne du Canada et ses relations avec les États Unis et ses autres partenaires internationaux). C’est un jeu où rien ne peut être gagné.

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Débâcle en Afghanistan

En images. Le tableau complet est sur le site du Guardian

Premièrement, une idée des dommages infligés aux troupes :

Les Forces canadiennes, ayant hérité du contrôle d’une des régions les plus dangereuses, écopent. Leurs pertes sont les plus lourdes de tous les pays participants (per unité).

Ensuite, les proportions des forces en présence (tout en bas, l’ennemi Taliban) :


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Nouveau défi pour l’aviation: la bombe dans le corps

Dans le Traité de sécurité intérieure (Montréal, HMH, p. 219), j’écrivais en 2006 que:

Si nous nous limitons à la prévention du terrorisme aérien, certains pourront peut-être entrevoir la possibilité, avec plus ou moins d’optimisme, d’un jour mettre fin aux attaques intérieures à l’avion avec des mesures de plus en plus drastiques — incluant la fouille du fret aérien, mesure logique qu’on a pourtant jusqu’ici oubliée, et jusqu’au contrôle du contenu des estomacs des passagers (puisque des « mules » avalent déjà des drogues scellées pour en faire le trafic, il n’est pas exclu qu’un terroriste déterminé avale des explosifs).

Or, il se trouve que quelqu’un a essayé précisément ce genre de méthode, avec un succès limité (sa bombe a explosé avec force, creusant un cratère, mais sa cible a survécu) certainement suffisant pour constituer ce qu’on appelle en latin une «proof of concept».

Notez que cette bombe ne serait pas détectée par les dispositifs courants de flitrage de sécurité dans les aéroports (incluant détecteurs de métal et caméras à onde milimètre)

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Terrorisme et antiterrorisme au Canada

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Le livre est prêt et sera publié en septembre 2009 aux Presses de l’Université de Montréal. Aboutissement de près de 4 ans de travail!

Remerciements à tous ceux qui ont collaboré à l’échafaudage.

Description de l’ouvrage

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Retour sur les 18 de Toronto

Puisque Saad Khalid est présentement en détermination de peine POUR UN TOUT NOUVEAU COMPLOT TERRORISTE!!!!! j’en profite pour rappeler les faits:

mars 2005: Ehsanul Sadequee et Syed Ahmed visitent Toronto et parlent à plusieurs membres du groupe canadien. Auparavant, ils ont clavardé jihad. Le FBI est à l’écoute depuis l’arrestation du cyberjihadiste Younes Tsouli (le fameux Irhabi007), avec qui ils ont déjà été en contact.

13 août 2005: Ali Dirie et Yasin Mohamed sont arrêtés en essayant de passer le Peace Bridge avec des armes à feu de contrebande. ils écopent de 2 ans de pénitencier à Kingston. Ils y sont toujours lors de leur arrestation avec les 16 autres.

23 mars 2006: Ehsanul Sadequee et Syed Ahmed sont arrêtés aux États-Unis et accusés de soutien au terrorisme pour des activités différentes. Les deux sont toujours en procès, mais Ahmed vient tout juste d’être déclaré coupable et est en attente de sentence.

17 novembre 2004: La GRC est appelée en renforts par le SCRS

27 novembre 2004: l’informateur Mubin Shaikh rencontre des membres des 18 à un rassemblement d’information sur les certificats de sécurité. Il infiltre le groupe.

Le groupe est surtout basé à Mississauga, tout près de Benevolence International, une organisation charitable qui détournait des fonds vers al Qaïda jusqu’en 2001, ainsi que Human Concern International, autre fausse charité pilotée par la famille Khadr.

2 juin 2006: arrestation des membres du groupe, dont:

  • Fahim Ahmad, 21, of Robinstone Drive, Toronto
  • Zakaria Amara, 20, of Periwinkle Crescent, Mississauga
  • Asad Ansari, 21, of Rosehurst Drive, Mississauga
  • Shareef Abdelhaleen, 30, of Lowville Heights, Mississauga
  • Qayyum Abdul Jamal, 43, of Montevideo Road, Mississauga
  • Mohammed Dirie, 22, Kingston (déjà au pénitencier)
  • Yasim Abdi Mohamed, 24, Kingston (déjà au pénitencier)
  • Jahmaal James, 23, of Trudelle Street, Toronto
  • Amin Mohamed Durrani, 19, of Stonehill Court, Toronto
  • Steven Vikash Chand alias Abdul Shakur, 25, of Treverton Drive, Toronto
  • Ahmad Mustafa Ghany, 21, of Robin Drive, Mississauga
  • Saad Khalid, 19, of Eclipse Avenue, Mississauga

Ils ont en leur possession 3 tonnes de ce qu’ils croient être du nitrate d’ammonium. Leur plan est de faire exploser des bombes à la tour du CN, au QG du SCRS juste à côté et au Toronto Stock Exchange.

TERRORISM ARRESTSLeurs clavardages délirants parlaient également de mener un assault contre le parlement, décapiter Stephen Harper, etc.

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Image du mois

AXON est le nouveau gadget de Taser International. Portée à la tête, la caméra vise à permettre de prouver, lorsque nécessaire, que les policiers ont agi selon les règles durant une interaction avec des citoyens..

Le gizmo tombe à point, comme le rapport chargé de faire la lumière sur l'affaire Dziekanski recommande justement que les policiers portent de telles caméras afin de collecter des informations sur leurs interventions.

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