Crime, régulation et surveillance

Sécurité, surveillance et organisation sociale

Les assureurs surveillent Facebook

Alors qu’elle bénéficie de prestations privées pour congé de maladie du à une dépression, son assureur lui coupe les vivres après avoir trouvé des photos d’elle souriante sur Facebook!

Une nouvelle qui montre à quel point les diverses entités qui surveillent le citoyen comprennent mal le fonctionnement des outils de réseautage social (voire Internet et la toile au grand complet). Il est bien sûr complètement stupide et ignorant de supposer que ce qu’on peut lire sur Facebook, Livespaces, un blogue ou ailleurs et un reflet fidèle de la réalité. Surtout, comme dans ce cas, lorsque l’objet de la surveillance est l’état d’âme d’une personne (si elle prétendait avoir une jambe cassée et qu’on la voyait faire du ski sur ses photos du w-e, ce serait autre chose).

Il est désormais chose courante, pour plusieurs entités commerciales, industrielles et gouvernementales, de faire un tour sur Facebook et ailleurs pour collecter de l’information sur les employés, les candidats à l’emploi, les bénéficiaires, etc. afin d’en savoir plus sur l’individu. Ça me rappelle la librairie Renaud-Bray et le scandale qu’avait fait, à l’époque, la nouvelle que ses employés étaient engagés après consultation de leur horoscope. Comme pour l’horoscope, Facebook en dit plus long sur le contenant (le logiciel, l’internet, le web 2.0) que sur le contenu (l’individu qui est censé s’y livrer corps et âme). Si un pédophile peut se faire passer pour une fillette de 9 ans, pourquoi un profil Facebook aurait-il la moindre fiabilité?

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Vidéo de vulgarisation

Vidéo intéressante sur TV5. Avec la coopération de mon collègue Benoît Gagnon.

Une chose: je ne suis pas d’accord avec la notion que l’ADN soit le «dernier bastion de notre intimité». Il se trouve que plusieurs moyens technologiques et analytiques existent déjà pour tenter de déterminer ce qui se passe dans nos cerveaux…

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ACTA: une toile mondiale totalitaire

Sont présentement réunis des représentants de tous les pays du monde pour négocier, sous forte influenace de corporations géantes productrices de contenu, un traité international sur les activités, la surveillance et la sanction des usagers d’Internet. Il s’agit de l’Anti-Counterfeiting Trade Agreement (ACTA) ou Accord commercial relatif à la contrefaçon (v. site du Canada).

Au menu, entre autres:

  • la possibilité de bloquer, pour un an, l’accès internet à un endroit où 3 infractions au copyright ont peut-être été commises (pas besoin de le prouver). — une nouvelle manifestation de la très stupide image base-ballienne du «three strikes and you’re out». Notez qu’il s’agit également d’un endroit, ou d’une connexion géographique: donc tous les membres d’une famille, par exemple, seraient interdits d’accès. Donc, parce qu’on le fait au base-ball, il est logique de le faire ici. Il n’y a aucune raison criminologique, psychologique, sociologique ou juridique derrière le chiffre 3. C’est la loi du sport qui fait loi.
  • Renforcement des moyens de protection anti-duplication et anti-transfert par la loi, tout comme le prévoit déjà le DMCA étatsunien. Que les moyens soient techniquement solides ou non, il sera illégal de les contourner.
  • La possible réduction des capacités (légales, non pas techniques) de transfert réduira la capacité des consommateurs d’utiliser le contenu acheté (par exemple, pour faire des cd pour l’auto à partir de MP3 téléchargés; pour passer d’un dispositif à l’autre comme d’un lecteur MP3 à un ordinateur à un téléphone à un cdrom)
  • la criminalisation généralisée de toute atteinte au copyright, qu’un gain financier soit ou non présent. Ceci signifie la création d’un casier judiciaire pour tout Canadien — en fait, tout habitant de la planète — pour toute infraction relative au lois du copyright, qui seront, de plus, de plus en plus strictes.

Le côté étrange de tout ça est que bien qu’il y soit question de choses fondamentalement importantes pour une société qui conduit de plus en plus de ses affaires sur Internet, les médias canadiens sont pratiquement muets sur les négociations et sur la question du copyright en général — sauf lorsqu’ils font valoir ce copyright pour protéger leur propre contenu. Y aurait-il conflit d’intérêts, les grands médias passant sous silence le développement de nouvelles lois qui les favoriseront en bout de ligne?

À la fois, les médias profitent allègrement de toutes sortes de failles dans les lois en re-publiant eux-mêmes n’importe quoi si ça risque de générer de l’intérêt. À éclaircir.

Une exception: Ottawa Citizen.

Cela dit, il y a de fortes chances pour que ce traité devienne inappliquable aussitôt qu’on tentera de le transformer en droit positif dans chaque pays signataire: il existe déjà plusieurs moyens de télécharger et de diffuser de manière cryptée et/ou anonyme, ce qui rendra toute la question sans objet. Évidemment, comme c’est déjà le cas avec le DMCA étatsunien et les multiples poursuites entreprises par la RIAA (représentente des compagnies de disques) contre les consommateurs échangeurs de fichiers, ce sont toujours les moins actifs et les moins blâmables qui se font attraper. Les «pros» du téléchargement, ceux qui font des copies piratées de cd et de dvd pour ensuite les vendre au marché aux puces locaux, trouveront plus facilement et plus rapidement les moyens de se cacher. Les enfants et les mères de familles, moins rapides et moins conscients de violer une loi, continueront d’utiliser torrents et P2P de manière plus visible et plus identifiable.

Ceci arrive au moment où le Canada en est à discuter de sa loi sur le copyright, en vue d’un rafraîchissement. Ce processus démocratique serait bien sûr complètement court-circuité par l’adoption d’ACTA par le Canada. Un bon moyen de faire plaisir aux transnationales du contenu tout en offrant au citoyen une fin de non-recevoir qu’on justifiera par la présence du traité et le fait qu’il lie les mains du gouvernement qui l’a ratifié.

v . le blogue de Michael Geist pour une analyse en profondeur.

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«You go and tell your friends that these are the powers we have»

Quelques années de super-surveillance et voilà les petits fonctionnaires municipaux déjà ivres de pouvoir. L’aventure de Jenny Paton annonce-t-elle la venue de pratiques de surveillances de plus en plus répandues, et de plus en plus rigoureuses, ou au contraire fait-elle partie d’une série d’abus qui éventuellement donneront lieu à une remise en question?

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Facebook : pas assez privé(!)

Selon le Commissariat à la vie privée du Canada, Facebook contrevient à plusieurs standards canadiens relatifs à la protection de la vie privée et de l’information personnelle, en particulier:

  1. Facebook continue d’insister pour garder en archive les profils d’utilisateurs qui ont désactivé leur compte. Les utilisateurs ne sont pas adéquatement informés de la procédure à suivre pour effacer entièrement un compte (ce qui est nouveau, Facebook ayant longtemps refusé d’effacer quoi que ce soit).
  2. Facebook n’informe pas adéquatement ses utilisateurs des risques liés à la diffusion d’informations privées
  3. Facebook permet à n’importe qui de créer des applications, sans trop se soucier du traitement de l’information collectée par ces applications
  4. Facebook contient des informations sur des personnes qui ne sont pas des utilisateurs, en particulier lorsque des utilisateurs «tagguent» des photos avec le nom de leurs amis.

Le problème c’est la différence non pas de culture, mais bien de monde entre Facebook — et en fait tout ce à quoi on réfère sous le vocable de «Web2.0» — et la perspective légaliste des institutions de protection de la vie privée. Ces institutions, convaincues de tenir le gros bout du bâton éthique, se frottent à ce qu’une majorité de la population (la population des usagers, évidemment) font en pratique. En pratique, les usagers partagent de l’information sans trop se soucier des conséquences (comme nous le faisons dans la vie ordinaire, d’ailleurs: nous ne faisons pas enquête sur toutes les personnes auxquelles nous confions une bribe ou deux de notre vie personnelle), nous déroulons les accords et contrats d’utilisation pour cliquer “suivant” et procéder à l’installation du programme au plus vite, etc.

L’information sur l’application, adéquate ou pas, n’est pas le problème: l’utilisateur moyen n’y voit aucun intérêt. Qui a lu les 12 pages (équivalent imprimé) de l’accord d’utilisation de iTunes? Qui a noté qu’Apple se réserve le droit de partager toutes sortes d’informations (non spécifiées) à des «partenaires» (non spécifiés)?

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Image du mois

AXON est le nouveau gadget de Taser International. Portée à la tête, la caméra vise à permettre de prouver, lorsque nécessaire, que les policiers ont agi selon les règles durant une interaction avec des citoyens..

Le gizmo tombe à point, comme le rapport chargé de faire la lumière sur l'affaire Dziekanski recommande justement que les policiers portent de telles caméras afin de collecter des informations sur leurs interventions.

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