Crime, régulation et surveillance

Sécurité, surveillance et organisation sociale

Livres : Google stoppé en France

Dans un élan de protectionnisme technologique mal dirigé, la France interdit désormais la «contrefaçon» de livres sur le méga-net international Google (ou tout autre acteur qui tenterait la même chose). Le but est de maximiser la vente de livres, et protéger la culture, ce qui n’a aucune chance de fonctionner:

  1. L’univers numérique semble allergique aux livres. Avec le Kindle, le Nook, le Story, le Sony Reader, le Cybook, le BeBook, le eSlick, le irex et des centaines d’autres qui s’ajouteront bientôt (et les protections seront bientôt brisées), l’avenir du livre sur papier est sans aucun doute d’être réservé aux collectionneurs – qu’on soit pour ou contre.
  2. Le livre prend de moins en moins de place dans l’univers de l’information et du divertissement écrits.
  3. Avec cette perte de vitesse les coûts de production, et donc de revente, iront en augmentant, ce qui accélérera le processus
  4. Le protectionnisme du livre (entre autres, la campagne «le photocopillage tue le livre» rend les livres de moins en moins intéressants en tant que produits de consommation et de communication
  5. Les pays ou autres juridictions qui feront comme la France et interdiront la numérisation des livres s’assureront d’une chose : leurs citoyens/sujets seront de plus en plus intéressés aux autres sources d’information et de divertissement, celles qui sont plus accessibles.

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Mininova entre dans le rang

Victoire pour les détenteurs de copyright: le service Mininova, un des plus populaires de la planète pour les surfers de torrents, met fin à une ère: tous les torrents de fichiers protégés par copyright seront désormais filtrés. On peut déjà deviner que la fréquentation du site dégringolera de manière spectaculaire… les fichiers qui restent n’ayant pas le même attrait, et étant facilement disponibles ailleurs.

Bien sûr, les torrents ne disparaissent pas: les successeurs se bousculent déjà.

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Scam compensation office

du Nigéria…. plutôt amusant

SCAM COMPENSATION OFFICE DEPARTMENT
show details Nov 17 (2 days ago)
ECOBANK NIGERIA PLC
SCAM COMPENSATION OFFICE DEPARTMENT
ECOWAS NATIONS STATE/UNITED NATIONS
2009 SCAM VICTIMS COMPENSATIONS PAYMENTS.
YOUR REF/PAYMENTS CODE: ECB/06654 FOR $500,000 USD ONLY.
This is to bring to your notice that our bank (ECOBANK INTL. PLC) is delegated by the ECOWAS/UNITED NATIONS in Central Bank to pay victims of scam $500,000 (Five Hundred Thousand Dollars Only). You are listed/approved for this payment as one of the scammed victims to be paid this amount.
On this faithful recommendations, want you to alert you that during the last U.N. meetings held at ABUJA (WEST AFRICA), it was accessed/accumulated of reported cases of fraud that the money lost by variousindividuals to Africans scam artists operating in syndicates all over the world today is over $239 Million United States Dollars in year 2007 to fraud in USA alone. http://www.techspot.com/news/29644-US-Citizens-lost-239-million-from-Internet-
fraud-in-2007.html.
In other to compensate victims, the ECOWAS/UNITED NATIONS is now paying victims of such scam $500,000 (Five Hundred Thousand Dollars Only Each ). in accordance with the UNITED NATIONS recommendations. The payments are to be remitted by ECOBANK PLC NIGERIA as corresponding paying bank under funding assistance by CENTRAL BANK OF NIGERIA. Benefactor of this compensation award will have to be first cleared by ECOBANK and confirmed as a victim from Africa Scam before scam payment can be effected. We shall feed you with further modalities as soon as we get response from you on how you can receive your compensation payment award. Send a copy of your response via email or call your remittance officer quoting your PAYMENT CODE NUMBER(ECB/06654).

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ACTA: une toile mondiale totalitaire

Sont présentement réunis des représentants de tous les pays du monde pour négocier, sous forte influenace de corporations géantes productrices de contenu, un traité international sur les activités, la surveillance et la sanction des usagers d’Internet. Il s’agit de l’Anti-Counterfeiting Trade Agreement (ACTA) ou Accord commercial relatif à la contrefaçon (v. site du Canada).

Au menu, entre autres:

  • la possibilité de bloquer, pour un an, l’accès internet à un endroit où 3 infractions au copyright ont peut-être été commises (pas besoin de le prouver). — une nouvelle manifestation de la très stupide image base-ballienne du «three strikes and you’re out». Notez qu’il s’agit également d’un endroit, ou d’une connexion géographique: donc tous les membres d’une famille, par exemple, seraient interdits d’accès. Donc, parce qu’on le fait au base-ball, il est logique de le faire ici. Il n’y a aucune raison criminologique, psychologique, sociologique ou juridique derrière le chiffre 3. C’est la loi du sport qui fait loi.
  • Renforcement des moyens de protection anti-duplication et anti-transfert par la loi, tout comme le prévoit déjà le DMCA étatsunien. Que les moyens soient techniquement solides ou non, il sera illégal de les contourner.
  • La possible réduction des capacités (légales, non pas techniques) de transfert réduira la capacité des consommateurs d’utiliser le contenu acheté (par exemple, pour faire des cd pour l’auto à partir de MP3 téléchargés; pour passer d’un dispositif à l’autre comme d’un lecteur MP3 à un ordinateur à un téléphone à un cdrom)
  • la criminalisation généralisée de toute atteinte au copyright, qu’un gain financier soit ou non présent. Ceci signifie la création d’un casier judiciaire pour tout Canadien — en fait, tout habitant de la planète — pour toute infraction relative au lois du copyright, qui seront, de plus, de plus en plus strictes.

Le côté étrange de tout ça est que bien qu’il y soit question de choses fondamentalement importantes pour une société qui conduit de plus en plus de ses affaires sur Internet, les médias canadiens sont pratiquement muets sur les négociations et sur la question du copyright en général — sauf lorsqu’ils font valoir ce copyright pour protéger leur propre contenu. Y aurait-il conflit d’intérêts, les grands médias passant sous silence le développement de nouvelles lois qui les favoriseront en bout de ligne?

À la fois, les médias profitent allègrement de toutes sortes de failles dans les lois en re-publiant eux-mêmes n’importe quoi si ça risque de générer de l’intérêt. À éclaircir.

Une exception: Ottawa Citizen.

Cela dit, il y a de fortes chances pour que ce traité devienne inappliquable aussitôt qu’on tentera de le transformer en droit positif dans chaque pays signataire: il existe déjà plusieurs moyens de télécharger et de diffuser de manière cryptée et/ou anonyme, ce qui rendra toute la question sans objet. Évidemment, comme c’est déjà le cas avec le DMCA étatsunien et les multiples poursuites entreprises par la RIAA (représentente des compagnies de disques) contre les consommateurs échangeurs de fichiers, ce sont toujours les moins actifs et les moins blâmables qui se font attraper. Les «pros» du téléchargement, ceux qui font des copies piratées de cd et de dvd pour ensuite les vendre au marché aux puces locaux, trouveront plus facilement et plus rapidement les moyens de se cacher. Les enfants et les mères de familles, moins rapides et moins conscients de violer une loi, continueront d’utiliser torrents et P2P de manière plus visible et plus identifiable.

Ceci arrive au moment où le Canada en est à discuter de sa loi sur le copyright, en vue d’un rafraîchissement. Ce processus démocratique serait bien sûr complètement court-circuité par l’adoption d’ACTA par le Canada. Un bon moyen de faire plaisir aux transnationales du contenu tout en offrant au citoyen une fin de non-recevoir qu’on justifiera par la présence du traité et le fait qu’il lie les mains du gouvernement qui l’a ratifié.

v . le blogue de Michael Geist pour une analyse en profondeur.

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Néo-nazis en faveur de la liberté d’expression

Situation difficile à déméler. Tout le monde est pour la liberté d’expression, comme pour la tarte au pommes et pour le bonheur. Cependant, lorsqu’on se retrouve coude à coude à aider des néo-nazis comme Marc Lemire et son «FreedomSite» (ancien site d’Ernst Zundel) pour qu’il puisse disséminer son fiel au plus de gens possible, une sorte d’inconfort s’installe — c’est le moins qu’on puisse dire.

De plus, dans ce cas s’opposer au néo-nazi signifierait s’allier à la Commission canadienne des droits de la personne, qui se met de plus en plus les pieds dans les plats depuis qu’elle s’est donné la mission de pourfendre tous les moulins à vent d’Internet et d’ailleurs.

Charybde, ou Scylla?

Le Ttribunal canadien des droits de la personne a décidé pour les néo-nazis. Dans son jugement, le Tribunal  déclare même que la section 13 de la Loi sur les droits de la personne est contraire aux dispositions de la Charte canadienne des droits et libertés du citoyen relatives à la liberté d’expression. Le tribunal a jugé significatif les faits suivants:

  1. Lemire n’est que propriétaire et administrateur du site; en général les messages haineux provienne des membres qui affichent des messages sur les babillards; or, Lemire n’est pas au courant de ce qui s’y passe
  2. Les crawlers de google et al n’indexent pas le contenus des babillards, donc leur diffusion est restreinte
  3. La loi, dans son esprit, n’était pas pénale et ne visait pas à punir les transgression, seulement à servir de base à une solution négociée
  4. FreedomSite n’a pas à se plier à des mécanismes logiciels de filtrage de son contenu, surtout parce que ces lociels ne sont pas au point

En fait, tout comme les FAI ne sont que des canaux et ne sont pas responsables des activités des internautes, FreedomSite ne serait qu’une opportunité de communication dont le contenu est la responsabilité des visiteurs.

La beauté de tout ça, pour Lemire et son FreedomSite, c’est qu’il peut couvrir son site d’articles sur la liberté et s’envelopper dans le drapeau des droits de la personne — un peu comme Larry Flynt, qui  était devenu le chevalier défenseur des valeurs étatsuniennes lorsque poursuivi par un télévangéliste qui n’avait pas apprécié être la tête de turc des blagues (passablement dégoûtantes) de Penthouse. En fait, le site de Lemire ne mentionne pratiquement plus le CONTENU pour lequel il requiert tant de liberté. La plupart des articles et photos croustillants (saluts nazis, hommages à des suprémacistes violents et au KKK, etc.) ne sont plus disponibles sur le site…

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Cybersécurité : politologie de l’espace virtuel

Citizenlab de l’Université de Toronto, lié au Munk Centre for International Studies, fait 3 propositions pour la préparation du Canada à la cyberguerre :

1. Canada should leverage its position among the G-8 to convene a meeting of major powers to formulate a Treaty of Cyberspace recognizing that this domain is now of equal importance to that of land, air, space and sea. The preamble of this treaty should make it clear that cyberspace is a valuable global commons that should be protected and preserved for citizens of the world

Intéressant: on s’emploie toujours à se représenter le «cyberespace» comme un espace équivalent à la surface du territoire ou à l’espace. C’est une conception erronée qui peut mener à beaucoup d’erreurs pratiques et surtout au traitement des informations qui sont à la base de ce «cyberespace» comme une chasse gardée des gouvernements et des multinationales qui y ont des intérêts particuliers.

2. Canada should take a leading role in defining international mechanisms for dealing with cyber incidents at a global level, including: cyber crime, denial of service attacks, viruses and cyber espionage networks of the type we encountered in Ghost-Net. None of the existing institutions — from Interpol to the Cyber crime Convention to NATO’s CyberCentre of Excellence to The ITU’s IMPACT — are properly established or mandated for the exchange of information and best practices required in this area

Encore une tendance vers une contrôlabilité accrue d’Internet, ce qui engendrera d’inévitables conflits au niveau du copyright, de la liberté d’expression et de communication, etc. Au nom de protéger une chose, on risque d’en transformer les principales caractéristiques qui font qu’elle est désirable.

3. Canada needs a foreign policy that explicitly includes cyberspace as a means for projecting Canadian values. This should include research and development into cyber technologies that promote free speech, privacy and access to information.

Il y a flottement dans la formulation: est-ce qu’il s’agit des valeurs de liberté d’expression, de vie privée et d’accès à l’information, ou sont-ce là que des exemples des «valeurs» qui doivent être défendues (le paragraphe dit, «should include» )? S’il y a d’autres valeurs non explicites, il s’agit de la bonne vieille utilisation des technologies de communications à fins de propagande. D’une manière ou d’une autre, et qu’on soit d’accord ou non avec les principes défendus, il s’agit encore de demander au gouvernement de contrôler davantage Internet.

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Image du mois

AXON est le nouveau gadget de Taser International. Portée à la tête, la caméra vise à permettre de prouver, lorsque nécessaire, que les policiers ont agi selon les règles durant une interaction avec des citoyens..

Le gizmo tombe à point, comme le rapport chargé de faire la lumière sur l'affaire Dziekanski recommande justement que les policiers portent de telles caméras afin de collecter des informations sur leurs interventions.

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