Crime, régulation et surveillance


Mapping des délinquants sexuels: le résultat!
29 septembre 2012, 11:44
Classé dans : Médias, Risque, Sécurité

Pages 2 et 3 ce matin.

Notez que le journal confond volontairement les termes «délinquant sexuel» et «pédophile» dans un effort évident de démontrer que la ville est dangereuse et que les enfants des CPE sont en danger.

Le but prétendu par la direction du journal est de «lancer le débat»… or ici on voit bien que le débat est terminé: la carte est déjà là, suivie d’une autre double page où des gens encore moins informés que les journalistes (dont la vonlonté est clairement de mélanger les choses encore plus) disent avoir peur. Moi aussi j’aurais peur si on me tenait dans le noir à ce point.

Au moins on a omis le nom et l’adresse précise des délinquants.

À la fin du reportage on nous annonce la série qui suivra: les clients de prostituées la semaine dernière, les pédophiles embusqués près de chez vous cette semaine …la semaine prochaine, «de playmate à maman»! (je vous laisse deviner si on a illustré avec une photo de maman ou de playmate).



Mapping des délinquants sexuels la suite!
27 septembre 2012, 18:35
Classé dans : Médias, Risque, Sécurité, Surveillance

Voici la page couverture d’aujourd’hui. Ça commence fort!



Mapping des délinquants sexuels au Journal de Québec/Montréal
26 septembre 2012, 12:58
Classé dans : ÉU, Canada, Médias, Surveillance

Cette semaine, et culminant dans l’édition du samedi avec la publication d’une carte de la ville de Québec avec le positionnement géographique de délinquants sexuels, le Journal de Québec en remet. La semaine dernière c’était une journaliste qui nous racontait, avec moult détails, ses rencontres avec des hommes qui croyaient qu’elle offrait ses services comme prostituée de luxe. Du grand journalisme. On y apprenait entre autres que des hommes paient pour des services sexuels et que, le cas échéant, ils s’attendent à en recevoir!

Cette semaine on refait la «loi de Megan» (loi du New Jersey permettant aux autorités de révéler au public certaines données sur la présence de certains types de délinquants sexuels dans leur voisinage) à la bonne franquette. Ayant épluché les rôles les journalistes ont placé sur une carte toutes les personnes accusées d’un acte à caractère sexuel. Faudra voir avec quel raffinement. Ça promet.

L’objectif proclamé du journal est de lancer le débat sur la publication du registre des délinquants sexuels, qui est pour l’instant réservé à la police.

Il y a plusieurs justifications offertes:

  1. prévention: si on sait où se trouvent les délinquants, on pourra les éviter et protéger nos enfants. En fait l’énorme majorité des crimes à caractère sexuel surviennent dans un cadre de relation familiale, amicale ou amoureuse. Ce ne sont pas des inconnus qui attaquent des inconnus. Au pire un tel registre public pourrait favoriser un faux sentiment de sécurité ou ajouter au dilemme de la victime qui se demande si elle a été victime ou si elle est responsable, puisque dans la mentalité du registre une victime est une personne attaquée par un étranger. Par ailleurs, je n’ai jamais vu de recherche montrant que la stigmatisation était un bon moyen de prévention. En général c’est plutôt le contraire.
  2. désir d’information/droit de savoir: bien sûr, si on demande à n’importe qui s’il ou elle désire davantage d’information, quel que soit le sujet, la réponse sera oui. Nous sommes dans une société de l’information. Cependant, ce qu’un registre public ne dit pas, c’est ce qu’il faut faire avec cette information. Les études montrent d’ailleurs qu’en fin de compte les registres publics des ÉUA sont très peu consultés: parce qu’on ne sait pas au juste quoi en faire. Faut-il déménager, lyncher, terroriser, attaquer, pleurer… il n’y pas de mode d’emploi.
  3. ils «méritent» d’être connus. Un de nos réflexes en matière de crime est de dénoncer, le crime et/ou le coupable. Donc cet outil est une forme de dénonciation permanente où le dénoncé est publiquement identifié, comme au temps des châtiments publics. C’était le bon temps, on ne peut pas en douter. Cependant, faudrait savoir ce qui mérite d’être connu, au sujet de qui et de quoi. Pour l’instant notre dégoût pour les criminels sexuels est extrême, et généralement motivé par ce que nous imaginons au sujet des pires sévices qu’on nous sert constamment à la télé. Cependant les crimes sexuels varient à l’extrême en gravité et, dans une grande mesure, ne sont pas objectivement plus graves que bien d’autres crimes.

Une chose dont on ne parlera peut-être pas est l’histoire de Steven Marshall, ce déjanté canadien qui a décidé de faire justice en tuant deux personnes identifiées par le répertoire public du Maine. Bref, les citoyens ordinaires ne consultent pas les registres, mais les batman amateurs, oui.



Ordre des criminologues du Québec: où est la criminologie?
12 septembre 2012, 10:20
Classé dans : criminologie, enseignement | Tags: ,

Des gens sans doute bien intentionnés, mais qui voient la criminologie à travers un trou laissé par une très fine aiguille, ont décidé de ce qu’était, et ce que faisait, un criminologue.

Évidemment, comme depuis toujours les criminologues eux-mêmes ne le savent pas trop, on ne peut pas vraiment le leur reprocher. La différence, par contre, c’est que les gens bien intentionnés ONT LE POUVOIR de sélectionner les bons des mauvais et de DÉTERMINER LEUR CARRIÈRE.

Là c’est moins drôle.

Voici ce que disent les documents officiels:

La loi 21 (concernant entre autres les activités professionnelles réservées) entrera en vigueur le 20  septembre 2012 et s’appliquera théoriquement à tout le territoire québécois; ceci peut importe que votre employeur soit un ministère fédéral, un organisme public ou parapublic provincial, un organisme communautaire, un bureau de pratique privée, etc.

Bref si vous croyez être un criminologue, mais surtout si votre description de poste inclue ce mot, ou si un jour vous pensez peut-être vous retrouver dans cette situation, c’est à vous qu’on parle.

Maintenant, qui êtes-vous? Eh bien voici:

Ce champ est ainsi défini : "Évaluer les facteurs criminogènes et le comportement délictueux de la personne ainsi que les effets d’un acte criminel sur la victime; déterminer un plan d’intervention, en assurer la mise en œuvre, soutenir et rétablir les capacités sociales de la personne contrevenante et de la victime dans le but de favoriser l’intégration dans la société de l’être humain en interaction avec son environnement; l’information, la promotion de la santé, la prévention du suicide, de la maladie, des accidents et des problèmes sociaux font également partie de l’exercice de la profession auprès des individus, des familles et des collectivités."

Bref vous faites dans le micro, et vous soignez les gens. Vous faites la promotion de la santé, vous prévenez le suicide et la maladie. Vous évaluez les facteurs criminogènes et vous réintégrez les individus dans la société. Vous êtes une sorte de docteur du crime.

Pour y parvenir, voici les «actes» qu’on vous reconnaît:

  1. Évaluer une personne atteinte d’un trouble mental ou neuropsychologique attesté par un diagnostic ou par une évaluation effectuée par un professionnel habilité;
  2. Évaluer une personne dans le cadre d’une décision du Directeur de la protection de la jeunesse ou en application de la Loi sur la protection de la jeunesse;
  3. Évaluer un adolescent dans le cadre d’une décision du tribunal en application de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents;
  4. Décider de l’utilisation d’une mesure de contention dans le cadre de l’application de la Loi sur les services de santé et les services sociaux et de la Loi sur les services de santé et les services sociaux pour les autochtones cris;
  5. Décider de l’utilisation des mesures d’isolement dans le cadre de l’application de la Loi sur les services de santé et les services sociaux et de la Loi sur les services de santé et les services sociaux pour les autochtones cris

Vous dédoublez les évaluations faites par des psychologues et psychiatres, vous suivez des jeunes et des Cris, vous appliquez la loi sur les services de santé.

C’est peut-être moi, mais je ne vois pas où est la criminologie là-dedans. Je ne vois pas non plus comment les étudiants que nous formons vont s’y retrouver (bon, quelques uns y seront confortables, et c’est bien tant mieux pour eux).

Ça devrait s’appeler «ordre professionnels des criminologues qui travaillent avec des jeunes en difficulté et avec des Cris.»



Summum de l’arnaque effrontée!
5 juillet 2012, 14:55
Classé dans : arnaques, Cybercrime, cybersécurité | Tags:

Voici une nouvelle forme d’arnaque détectée… Reste à vérifier la provenance. J’ai bien hâte de voir si c’est un nouveau genre qui s’annonce! Il me semble qu’avec les menaces de mort on s’aventure sur un territoire tout à fait nouveau. À noter: absence de faute d’orthographe, volonté d’y mettre un grain de sel militaire, tentative de donner une impression de connaître les habitudes de la cible mais tout en utilisant un langage et des expressions vagues.

De : Your Friend [mailto:asesinatok@hotmail.com] Envoyé : 5 juillet 2012 14:42 Objet : Read In Your Best Interest (Classified)

Attention!

I want you to read this message very carefully and wisely, and then keep the secret with you till further notice.

I’m a professional; hence you have no need of knowing who I am, where am from, until I arrange for a face to face meeting. I have been duly paid $50, 000.00 in advance to terminate your life for some reasons listed to me by my employer, its one I believe you call a friend. Surreptitiously, I have been following you closely for a month now and have seen that you are innocent of the accusation leveled against you.

In your best interest, do not contact the Police or try to send a copy of this to any security agents, because if you do, I will certainly know through the impeccable assistance of my secret agents, and will be forced to do what I have being duly paid to do, beside this is the first time I turned out to be a betrayer against the ethic of my profession.

Now listen, I will arrange for us to see face to face but before that I need the amount of $70,000.00, you have nothing to be afraid of. I will be coming to see you in your Office or Home determine where you wish we meet, do not set any Camera to cover us or set up any tape to record our conversation, my employer is in my control now. You will need to transfer $20, 000.00 to the account I will provide for you, before we will set our first meeting, after you have make the first advance payment to the account, I will provide you with the Tape that contains his request for me to assassinate you, which will be enough proof for you to charge him to Court (if you wish to do so), then the balance will be paid later.

You don’t need my phone contact for now till am assured you are ready to comply, and being silence on this matter is very dangerous. The choice remains yours, and you have the next 72hrs to make that choice, otherwise you will live your limited life watching your back. A word is enough for the wise!



Grève, boycott, manifs, émeutes…
23 mai 2012, 12:14
Classé dans : enseignement, police, Sécurité

Du grossier n’importe quoi, qui fuse de toutes parts. Ça augure mal pour une fin raisonnable. Quelques remarques sur la «situation»:

  • La première explique la présence de guillemets et du terme vague pour désigner ce qui se passe. Ce n’est pas une «grève», on l’a dit plusieurs fois, puisqu’une grève est une action régulée par le droit du travail. Or les étudiants ne sont pas des travailleurs. Ils travaillent fort, c’est sûr, mais …pour eux-mêmes. À bien y penser, il y a peut-être raison d’utiliser le mot «grève»: une grève vise à faire mal à l’employeur, et en fin de compte ce que font les étudiants qui sabotent leur propre session d’étude, c’est s’immoler sur la place publique.
  • Ce n’est pas un boycott non plus. Si je boycotte la marque Oasis pour la punir contre ses actions contre Olivia’s Oasis, je n’oblige personne à faire pareil; je ne me tiens pas devant le réfrigérateur de mon IGA pour empêcher les autres clients d’avoir accès à leur jus préféré. En fait cette analogie est boiteuse: pour bien imiter ce qui se passe, faudrait que je me poste devant le réfrigérateur du client qui a déjà acheté le jus, pour l’empêcher de le boire.
  • Bref c’est plus un sabotage qu’une grève.
  • Est-ce un sabotage démocratiquement instauré? Peu importe les votes à main levée, sans quorum raisonnable, ou les campagnes de propagande qui durent depuis septembre 2011. Peu importe, parce que les associations étudiantes n’ont pas le pouvoir d’imposer des consignes à leurs membres ni de «lever» des cours. Elles ont simplement réussi à intimider les administrations d’institutions d’enseignement en menaçant par le désordre, la casse et la violence (bon, il y a eu beaucoup d’administrateurs frileux, aussi).
  • Tout ça pour quoi? Une augmentation, substantielle bien sûr, des frais de scolarité. Au-delà des considérations financières immédiates des étudiants qui devront la payer, on nous présente un argumentaire incroyablement exagéré, et surtout difficile à démontrer, sur les conséquences néfastes sur l’accès aux études supérieures.
  • Mais l’accès c’est une chose. L’accès à quoi? Vise-t-on la quantité ou la qualité? Veut-on une université dollarama, où les cours à 1$ sont accessibles à tous, mais ne valent pas un clou? Il est IMPOSSIBLE que le service donné par l’université soit de même qualité, alors que tous les coûts reliés à sa production augmentent plus rapidement que l’inflation (masse salariale, syndicalisation des auxiliaires d’enseignement et de recherche, taxes foncières, nouvelles technologies offertes, entretien immobilier, etc.), et que ses bénéficiaires directs paient, en tenant compte de l’inflation, de moins en moins cher. L’élasticité de l’institution, entre ces deux points de fuite, est FINIE. J’ai enseigné 5 ans à UdeM et mes groupes ont doublé de grandeur. Moi ça ne me dérange pas, je m’ajuste. Mais je ne peux pas prétendre que l’expérience d’apprentissage, vue de l’autre côté de la salle, est équivalente (par contre les salles de classe et les bureaux sont toujours bourrés d’amiante, faute de fonds pour rénover).
  • De son côté, le gouvernement du Québec montre, depuis le budget de 2011, une incompétence incroyable. Comment a-t-on pu penser que de doubler les frais subitement passerait sans problème? À sa décharge, il n’est pas responsable de la décision stupide de geler les frais de scolarité, une politique bonbon reposant peut-être sur un idéal culturel et démocratique, mais certainement pas sur la moindre analyse financière.
  • Je n’ai pas d’objection fondamentale contre l’éducation à faible coût, voire gratuite pour les étudiants… Seulement faudrait avoir un plan sans faille, et réaliste, pour compenser cette gratuité. Où est-il? J’ai vu quelque part quelqu’un argumenter que comme les soins de santé sont gratuits et universels, on a un modèle, là, pour l’éducation supérieure. Bin oui. Beau modèle en effet. Ignorons un instant que la santé n’a rien à voir avec l’éducation. Vous vous mettrez sur une liste d’attente pour recevoir vos cours dans les couloirs de bâtiments vétustes 3 ans plus tard. Et en parallèle, ceux qui peuvent payer recevront immédiatement une éducation passable, sans plus, vendue à prix fort. Effectivement, voilà une idée de génie.
  • Assez tard dans le jeu le gouvernement a fait plusieurs concessions importantes aux étudiants: bonification du programme de bourses et de prêts, hausse substantielle du revenu maximum des parents pour l’éligibilité, remboursement selon le revenu futur… Tout ça, présenté de manière désorganisée, timide, méprisante pour les étudiants — sans doute pour éviter de donner des munitions à ceux qui trouvaient qu’il était temps de «mettre ses culottes»… Le rejet immédiat de l’accord fait avec les étudiants par les plus hautes sphères du gouvernement fut proprement ahurissant à ce chapitre. Voilà un gouvernement qui serait incapable de vendre une bouée à une personne qui se noie.
  • Ensuite, la fameuse loi spéciale (svp, pourrait-on la lire avant de grimper aux rideaux)….  D’après les commentaires c’est la section III qui dérape. Le reste vise à dégager les portes des CÉGEP et universités pour que les étudiants qui le désirent puissent assister à leurs cours. Le ba-be-bi-bo-bu de la démocratie dont se réclame tout le monde. La section III, pour sa part, encadre le droit de manifester pacifiquement, et surtout oblige à communiquer à la police l’itinéraire de toute manifestation de plus de 10 personnes (avec une clause crépusculaire pour 2013). Elle donne aussi à la police l’autorité d’imposer un itinéraire alternatif pour des raisons de sécurité. C’est bien sûr politiquement inacceptable, complètement ridicule, et peu pratique pour la police: s’il y a de la casse sur un itinéraire imposé par la police, quelqu’un va avoir l’air bien fou.  C’est une réaction réflexe, peu réfléchie, d’une administration qui se croit en état de siège.
  • OR, IL N’Y A PAS DE SIÈGE. Un peu de recul s’impose. Oui il y a eu de la casse, oui il y a eu des policiers agressés, etc. Ce sont des actes graves. Mais ce sont aussi des actes qui, par définition, échapperont à l’encadrement de manifestations pacifiques (note: ils sont déjà criminels). Mais surtout, ce ne sont pas, individuellement ou en tout, des actes qui menacent sérieusement la sécurité du public.

Il est temps de faire baisser la rhétorique, de part et d’autre, de quelques crans. La démocratie n’est pas bafouée; l’accès aux études n’est pas en danger; il n’y a pas eu de terrorisme ou de volonté de faire croire à du terrorisme. On respire par le nez svp.



Nouvelle arnaque
4 avril 2012, 10:18
Classé dans : arnaques, Cybercrime, cybersécurité, phishing | Tags:

Bon, j’en ai plus de 600 dans ma collection, mais celle-là je ne l’avais pas encore vue.

Elle se présente comme un sondage de satisfaction des clients de Wal-Mart:

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Please click here and complete the form to receive your reward. Thank you.

This is an automated message. Please do not reply.
Message Id: 0019268154-wmrtsrv.

En provenance de <walmart@isurveys.com>

Le lien mène à cette page:

Bon, de nos jours l’utilisateur moyen remarquera que l’URL de la page est http://www.michaelandchristy.com/walmart.html, ce qui ne correspond pas vraiment à ce qu’on s’attend d’une multinationale. Peu importe ce que vous mettez dans cette page, le bouton «proceed» mène à cette autre page, où le pot aux roses est juste trop évident:

Ce qui est plate c’est qu’on ne sait jamais, au final, combien de cloches se feront sonner.




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